Jouant du didgeridoo dans ma cave, les araignées (des
Tegenaria duellica, pour être plus précis) sont mes habituelles compagnes de musique. Il m'arrive régulièrement de voir des araignées sortir de leur toile à l'endroit où le son du didgeridoo se répercute sur le mur, et une fois, l'une d'entre elle — plus téméraire que les autres — est venue à ma rencontre et s'est rapprochée prudemment de l'embouchure posée sur le sol
(pour décamper aussi sec au premier hoot...).
Les araignées sont particulièrement sensibles aux vibrations, je pense que ceci explique leur réaction vis à vis du didgeridoo.
Un truc d'entomologiste pour faire sortir les araignées de leur trou consiste à faire vibrer un diapason (je parle du diapason de base en forme de fourche, utilisé pour accorder les instruments de musique) et à le poser sur un coin de la toile. C'est en général assez efficace : l'araignée interprète les vibrations du diapason comme les mouvements de détresse d'une proie qui se serait coincée dans la toile, et elle se précipite dans sa direction.
Il y a
une étude dans laquelle un naturaliste a réussi à obtenir différents résultats avec des diapasons accordés selon diverses tonalités : un la₃ fait sortir l'araignée, mais elle s'aperçoit vite de sa méprise et elle retourne se cacher ; un ut₃ provoque une très forte réaction de l'araignée, qui peut aller jusqu'à grimper sur le diapason et chercher à le mordre ; avec d'autres notes, l'araignée ne sort même pas de son trou...
Je suppose que c'est le même type de raison qui fait que les araignées sont attirées par le bourdon du didgeridoo, mais qu'elles se carapatent en vitesse si on fait un hoot.
Pour les autres insectes (mouches, fourmis...), je pense que l'explication se situe ailleurs car ils sont nettement moins sensibles aux vibrations que ne le sont les araignées. Peut-être l'odeur du didgeridoo (vernis, huile essentielle, vieille salive...

), le reflet de la lumière sur le bois vernis ?...