De rien...Utnapishtim a écrit : C'était le but ! Et c'est un plaisir d'avoir une réponse courtoise et argumentée...![]()
Oui, on est bien d'accord, mais tu parlais dans ton premier post que le MKG ne correspondait pas à tes principes. Et c'est là que je réagis, ce n'est pas une question de principe mais de justesse d'usage et non de rejet de principe.Utnapishtim a écrit :Ce n'est pas la jaquette en elle-même qui me dérange. Du point de vue du design, je la trouve sympa, sans plus. C'est plutôt ce qu'il y a marqué dessus qui me gène, en fait.
C'est ce que disent souvent les spécialistes en marketing pour défendre leur profession, mais les choses sont un peu plus compliquées que ça.
Le marketing, comme tu le remarques toi-même, c'est finalement un peu comme la drague. On peut faire les choses avec une éthique et chercher une relation saine ; on se mettra alors simplement en valeur, pour rendre ses atouts et ses qualités naturelles plus visibles, et maximiser ainsi les chances de rencontrer quelqu'un à qui l'on plaira...
Et à l'extrême inverse, on peut se comporter comme une ordure, être bassement intéressé et vouloir juste mettre le maximum de filles dans son lit. Dans ce cas, on se pare des plus beaux atours pour passer pour quelqu'un de "'meilleur" et de plus attractif qu'on ne l'est vraiment, on promet monts et merveilles — parfois de façon implicite... Et la demoiselle, qui pensait être tombée sur un grand romantique qui lui promettait un amour éternel, risque d'être bien étonnée et déçue d'être larguée dès le lendemain par un goujat.
Le truc, c'est que la frontière entre la mise en valeur et la publicité mensongère est très floue... et que le marketing navigue souvent entre ces deux eaux. Voire même dans un contexte où il y a beaucoup d'argent en jeu, où le marché est réduit et/ou la concurrence est forte, les services commerciaux n'auront aucun scrupule à s'asseoir sur l'éthique.
Ça arrive plus souvent qu'on ne le pense. Je pense par exemple à une célèbre marque de yaourts supposés "renforcer les défenses naturelles", études scientifiques à l'appui, alors que lesdites études ne montraient pas le moindre résultat ni effet significatif d'un point de vue médical...
Le marketing, c'est comme un tournevis. Ce n'est pas l'outil qui pose problème (d'où mon invitation de ne pas le rejeter a priori), mais bien son usage. Avec un tournevis, tu peux poser ou ôter des fixations, mais çà fait aussi un excellent poignard.
Je te rassure, je ne suis pas un pro du markeutinge, mais je l'utilise
Et pour la drague, euh, abusive, nan, pitié, on r'parle pô de cet ancien ministre...

Le mieux serait sans doute de lui demander.Utnapishtim a écrit :Bref, je ne crois pas qu'on en soit à une telle extrémité dans le cas du DVD de Raf'. Heureusement. Et comme je ne l'ai pas vu, je ne peux pas critiquer son contenu de toute façon.
Mais le texte de la jaquette du DVD, qui cherche à vendre du rêve (à quoi servent tous les clichés sur l'Oz — aborigènes, kangourou, terre rouge, etc — si ce n'est à inviter au voyage et au dépaysement ?) au détriment du fond de la méthode elle-même, m'évoque ce marketing dévolu et ses méthodes. Et pour moi, c'est une forme d'opportunisme.
Pour ma part, çà ne me dérange pas que l'on fasse accéder les novices au didj' par le biais du rêve
Maintenant, de ce que j'en perçois, il a 2 manières de positionner une méthode : Soit on le fait pour un "marché" existant, soit on élargit. Dans le premier cas, la terre rouge c'est peut-être de trop, dans le 2e, çà se justifie car il faut aller au delà des simples connaisseurs.
Mais certainement parce que le didj' vient d'Australie... Ce n'est pas indispensable, mais si Raf peut y aller, pour quoi ne pas le faire et l'indiquer sur la pochette, y va quand même pô coller une tour Eiffel à la place ?Utnapishtim a écrit :Cela dit, la question de l'authenticité chez les aborigènes est une chose ; l'authenticité implicitement affichée par la méthode de Raf' en est une autre.
Je réitère mes questions ci-dessus : en quoi le fait que les vidéos aient été tourné en Australie apporte-t-il quoi que ce soit à la méthode ? Si Raf' n'avait pas eu « d'amis aborigènes » (sic), sa méthode aurait-elle été moins bonne ?...
Pour l'apport des amis Aborigènes sur la méthode, non, çà ne rend peut-être pas la méthode meilleure (encore que c'est à l'auteur de le dire), mais Raf n'aurait pas eu le même parcours. Là encore, faudrait le lui demander.
Je comprends ta première phrase. par contre elle ne s'applique pas à Raf seul, mais à tous : comment nous-même avons-nous parlé du didj' à notre entourage, avec quels mots ?Utnapishtim a écrit :... Mais j'ai tendance à croire que quelque chose qui joue moins sur les clichés, qui flatte moins les préjugés caricaturaux du public, aurait été souhaitable. Le didgeridoo français n'a plus grand chose d'australien à part sa lointaine origine : il est d'une conception différente des yidakis et magos traditionnels, il est bien souvent sandwitché dans une essence locale, on en joue avec des techniques qui n'ont rien d'aborigènes voire plus rien d'australien du tout (je pense au style moderne à base de beatbox)...
J'ai le sentiment que tant que cette distinction n'aura pas fait son chemin, le didgeridoo continuera à être perçu par le grand public comme un simple klaxon juste bon à faire du bruit ou à donner une couleur vaguement ethnique, et non pas comme le vrai instrument de musique qu'il est.
Pour le reste, là çà vaut 10 sujets sur FD, au moins !!!

Merci !Utnapishtim a écrit :J'ai regardé, cela vient de l'étude d'Alice Moyle The Australian didjeridu: A late musical intrusion, publiée dans le magazine World Archeology. On peut trouver facilement l'article sur le net par des moyens plus ou moins légaux (mais c'est maaaaal), ou à l'aide de code d'accès comme certaines universités en donnent à leurs étudiants..
